Communiqué de presse



 Christophe AVELLA-BAGUR                           Floating Souls : Spirit of Resilience – Part 2                             5 avril - 31 mai 2014

 

 

Galerie Richard est heureuse de présenter la deuxième exposition personnelle de Christophe Avella-Bagur à New York intitulée Sprit of Resilience /Part 2 du 5 avril au 31 mai 2014. Cette exposition fait suite à l’exposition personnelle de l‘artiste à Galerie Richard à Paris en début d’année.  Les nouvelles œuvres s’inscrivent dans la série des Faces FS (Floating Souls) entamée en 2005. Cette série se caractérise par la représentation d’un archétype de corps masculin et féminin de couleur gris clair sur dans lequel cherche à se positionner un deuxième portrait aux couleurs chairs. Le mannequin standardisé et parfait est peint en aplats alors que pour le portrait en chair l’artiste peint en déposant plus de matière picturale. La projection de la Floating Soul sur le relief du premier corps provoque des distorsions qui tout en étant parfaitement réalistes apparaissent souvent comme des difformités inquiétantes et grotesques, telles celles que l’on retrouve dans les peintures d’El Greco ou de Goya. L’artiste nous interpelle sur la tendance à une standardisation de l’être humain causée par les développements scientifiques et le conditionnement social.

 

 

La première exposition de l’artiste à New York se composait de grands portraits verticaux sur fond immaculé blanc. Dans ses nouvelles peintures les sujets sortent parfois de cet environnement blanc de laboratoire. In Dark Water le personnage se tient droit dans une barque grise. La barque flotte sur une masse liquide et des flammes rouges et multicolores font irruption dans le fond blanc, comme si la toile elle même prenait feu. Christophe Avella-Bagur reprend l’allégorie du temps d’une vie humaine comme celui d’un trajet en barque sur une rivière. On pense aux quatre peintures du Voyage of Life de Thomas Cole. Au lieu des paysages somptueux faisant référence aux quatre âges de la vie, ici c’est l’être humain qui se lance vers un futur inconnu et psychologiquement inquiétant. Pour Face FS16 Gorgona 2.0 (P.L.), l’artiste traite en portrait le sujet mythologique d’une gorgone, un des trois monstres fabuleux des divinités marines Phorcys  et de Céto, représentées sous la forme de femmes à la chevelure faite de serpents entrelacés. Le portrait d’une femme blonde apparait en biais sous un angle gauche sur le portrait standardisé de face, les serpents grouillant sur le haut de la chevelure. Le fond blanc est remplacé par une ville en flammes avec un ciel nuageux et sombre. Le portrait est distancié du paysage par une auréole de couleur jaune pâle. Pour le portrait ­­­de Bridget B. qui fête ses cinq ans, l’artiste a abandonné le fond blanc neutre pour une composition colorée joyeuse et festive aux lettrages de Happy Birthday five years, clin d’œil aux artistes du Pop Art américain. En quelques œuvres Avella-Bagur montre l’étendue et la diversité de son champ d’investigation picturale abordant tout aussi bien les questionnements majeurs sur le futur de ce qui définit l’identité humaine, que la représentation juste de portraits de nos contemporains dans ce qu’ils ont de plus personnel.

 

Sur son exposition parisienne l’artiste a aussi montré des sculptures. Ici il nous présente quelques œuvres en trois dimensions dont un étonnant autoportrait avec un bras qui sort de la toile et tient une peau, la peau du propre visage de l’artiste. Cette œuvre fait référence à un personnage  la fresque de Michelangelo du Jugement Dernier.

 

Je peins en pensant à la longue lignée d'artistes qui m'ont précédés et avec lesquels je vis au quotidien comme avec de amis avec qui j'entretiendrais des relations spirituelles, mystiques. Je peins l'humain car il n'y a aucun autre sujet valable que celui de notre condition. Mes oeuvres exposent notre confrontation actuelle entre la standardisation de l'être, de la pensée, du mode de vie avec un humain disposant encore de son libre-arbitre, de son unicité, de ses défauts mais surtout de sa singularité. Mes oeuvres coalescent deux univers: un univers où l'Homme serait un produit sans âme, sortant d'une chaîne de production de grande série, interchangeable et donc sans valeur, sans morale et un second univers où la singularité de l'Etre serait ouverte aux possibles avec ses maladresses, ses tâtonnements, mais avec sa liberté d'agir et de choisir son destin. Voilà pourquoi mes œuvres exposent deux visages en lutte pour la suprématie, car le combat est âpre et personne n'est encore vainqueur. - Christophe Avella-Bagur

 

L’œuvre majeure de l’exposition est incontestablement Face FS1812 Pilgrimage to the New World, une peinture de deux mètres par quatre mètres. L’artiste s’inspire de la Procession de Saint-Isidore de Francisco de Goya exposée au Prado. Le sens est le même : la représentation la plus complexe de l’existence de l’homme, son désarroi et aussi ses espoirs, ses interrogations sur son destin, sur sa rage de destruction et d’auto-destruction.

 

Pour autant Christophe Avella-Bagur n’est ni mélancolique, sourd, ni isolé comme l’était Goya alors agé de 73 ans lorsqu’il avait peint la Procession de Saint-Isodore Face FS136 The good Wine, nous montre un autoportrait de l’artiste buvant à notre santé, une main posée sur son ventre bien rempli après un bon repas, sa femme cueillant une grape de raisin sur un plant de vigne qui a la hauteur d’un arbre fruitier. Pour la première fois le visage en chair prend parfaitement possession du visage de l’humanoïde. Avec humour il nous montre les vertus du vin dans la tradition des scènes festives des maîtres flamands du XVIème.

 

Christophe Avella-Bagur donne à voir une interprétation résolument contemporaine de la peinture qui tout en s’inscrivant dans une histoire de la représentation, élabore une vision nouvelle de l’identité humaine configurée par l’univers virtuel.

 

Christophe Avella-Bagur est né en 1968 à Avignon. Il  a une exposition personnelle au Château des Templiers à Gréoux-les-Bains, France du 4 avril au 27 mai 2014.