Communiqué de presse



STEFAN HOENERLOH           Prolonging Pleasure        17 mars - 23 avril 2011

 

Le point de départ de la vocation artistique de Hoenerloh est la découverte de Berlin-Est au début des années 80. Le sens de l’histoire et de ses drames imprègne chaque toile, chaque dessin. Les peintures de Hoenerloh rappellent au spectateur, parfois dans une souffrance insupportable, des souvenirs dramatiques des grandes tragédies du siècle précédent et du siècle présent. Elles montrent une ville sans aucune présence humaine, sans animaux, sans végétaux, sans nuages dans les ciels.

 

Dans certaines de ses peintures les plus récentes, Hoenerloh semble prendre plus de liberté avec la plausibilité de paysages réels. Ces tableaux apparaissent plus clairement comme de pures fictions. La peinture intitulée « Sound of Silence » représente une vue en contre-plongée de tours étroites construites en pierres de taille, superpositions de styles architecturaux différents, surmontées d’improbables ponts qui les relient entre eux. La peinture intitulée « Main Course Topramen » montre des immeubles construits sur des entresols sur lesquels les rez-de-chaussée surélevés sont ouverts grâce à de nombreuses arches supportant les bâtiments.

 

D’autres peintures semblent à première vue refléter fidèlement des sites urbains. Hoenerloh réussit à produire l'impression du réel grâce à son sens infaillible des espaces urbanisés et des compositions architecturales. En fait chaque peinture est à la limite du sujet, limite du plausible, tant d’un point de vue architectural et urbanistique, que sur le plan de la couleur et de la lumière.

 

Son sujet n’est pas tant l’architecture que le passage du temps qui se matérialise dans le médium immobile de la peinture par le biais de la déliquescence de l’architecture. Ses styles architecturaux, la densité des espaces urbains, la monumentalité des édifices évoquent une civilisation puissante qui s’est fossilisée. Un retour du vivant sur l'avant-scène semble pourtant à portée de main. Le stuc en érosion montre une ville à la surface dégradée, mais présentant une structure tout à fait viable. Malgré les apparences, Hoenerloh n’abandonne pas tout espoir d'une revitalisation de la métropole. À l’enfermement kafkaïen, ses paysages offrent toujours le choix de plusieurs échappatoires. 

 

Stefan Hoenerloh, en nous représentant une civilisation développée qui s’est écroulée, nous met en garde contre la vanité de l’homme et les dangers de son appétit de puissance, tout en le laissant maître de son destin.

 

Né en 1960, Stefan Hoenerloh aura une exposition personnelle à L’Académie d’Art de Hambourg en 2008 et participera à deux expositions collectives, l’une à la Kunsthalle Darmstadt, l’autre à la PM Gallery and House à Londres.