Communiqué de presse



Galerie Richard présente une exposition rétrospective de l’artiste japonais Takesada Matsutani intitulée Des années 60 à nos jours du 17 mars au 5 mai 2012. C’est la première exposition rétrospective en France de cet artiste qui y réside depuis 1966. Au Japon plusieurs expositions rétrospectives lui ont été consacrées en 2010: Stream au Musée d’Art Moderne de Kamakura & Hayama et à Tokyo la Galerie d’art Kaneko et la Galerie d’art moderne Tsubaki. La reconnaissance actuelle de l’oeuvre de Matsutani rejaillit sur celle du groupe d’art Gutai auquel il a appartenu. Le Guggenheim Museum à New York prépare une grande exposition sur les artistes du groupe Gutai en 2013.

 

Né à Osaka en 1937 Takesada Matsutani a étudié la Peinture Nihonga, une école de peinture traditionnelle japonaise. Se dégageant de la Peinture Nihonga par le fait que sa peinture devenait de plus en plus abstraite il a commencé à expérimenter les possibilités créatives de la colle vinylique qui lui permit d’introduire du relief dans ses peintures. Son travail se caractérise par l’usage de deux matériaux, la colle et la mine de plomb Matsutani fait partie de ce que l’on considère comme la deuxième génération des artistes Gutai. De par sa productivité, sa visibilité relative et sa longévité, Matsutani est plus largement présent sur le marché de l’art que les autres artistes Gutai. La première génération de ces artistes est surtout représentée par les musées et les collectionneurs privés au Japon. La majorité des artistes Gutai sont aujourd’hui décédés et Matsutani continue de témoigner de son engagement envers les partis-pris esthétiques et conceptuels de ce mouvement.

L’Association d’Art Gutai fut fondée en 1954 par Jiro Yoshihara et 17 jeunes artistes de la région d’Osaka. Le manifeste d’art Gutai déclarait “l’art Gutai ne change pas le matériau mais il lui donne vie.”. Matsutani s’est rendu compte que la colle vinyle en séchant créait une couche mince en surface dure. Avec une paille, il eut l’idée d’insuffler de l’air dans la colle et donner vie à des peintures bombées qui parfois explosaient. Il en résulte des formes maîtrisées très fluides qui rappellent des formes organiques de la nature et aussi du corps féminin. “Travaillant avec la colle vinyle j’ai rapidement découvert sa qualité sensuelle et depuis j’ai toujours recherché une certaine sensualité dans mes oeuvres qui provient du matériau même, se souvient Matsutani”(1). 

En 1960 il participe à sa première exposition avec le groupe Gutai à la Pinacothèque Gutai. Il en deviendra membre et y exposera très régulièrement jusqu’à sa dissolution en 1972. Il a reçu une bourse pour venir étudier en France et s’y est installé depuis 1966. Dans les années 70 il élimine la couleur et il va s’approprier un autre matériau: la mine de plomb. Pour ce matériau également il va en exacerber sa luminosité sensuelle tant en peinture que sur des oeuvres en papier.

“Les oeuvres de Matsutani cherchent à incorporer non seulement le flux, l’écoulement de la substance qui compose la peinture mais aussi le passage du temps qui entoure l’artiste et nous-mêmes et le flux de la vie. Chacune des oeuvres de Matsutani présente un sens fort de l’existence, faisant un usage libre du pouvoir du noir, qui a un éclat métallique sombre, et induit l’artiste vers un état de tension”(2). Il faut mentionner aussi que l’artiste a produit depuis toujours des installations en interrelation avec l’environnement architectural ainsi que des performances. L’exposition incluera Stream 10, un dessin de plus de 10 mètres de long réalisé lors d’une performance en 1983.

(1)   Edward M. Gomez, “Matsutani’s Moment”, Art in America

(2)    Matsutani “Stream”, Le musée d’art moderne , Kamakura & Hayama, page 5