Communiqué de presse



  Stan NARTEN                                               Demon Haunted World                     12 mai - 23 juin 2012

Galerie Richard à Paris présente deux expositions personnelles de Carl Fudge intitulée Wadsworth et de Stan Narten intitulée Demon Haunted World du 12 mai au 23 juin 2012. Ces deux artistes peintres de New York font partie de la génération de peintres pour lesquels l’ordinateur a remplacé le carnet de croquis pour la réalisation des oeuvres préparatoires et qui élargissent ainsi leur champ de créativité. Carl Fudge et Stan Narten travaillent à partir d’images figuratives, le plus souvent des oeuvres d’art, et les transforment en les décomposant et les restructurant en un nouvel assemblage entre figuration et abstraction.

 

Né en 1979 à Sofia, Stan Narten vit et travaille à New York. Il mêle l’utilisation du processus numérique et des techniques classiques de la peinture. Pour sa première exposition en Europe Stan Narten présente deux séries d’œuvres. Trois peintures de 2009, très énigmatiques ont été inspirées par des fims et des séries télévisées. Les huit autres peintures ont été peintes en 2011 et surtout 2012. Pour ces dernières il part de reproductions de tableaux de différents siècles qui le plus souvent traitent de thématiques religieuses ou mythologiques. Il les déconstruit, brouille leur visibilité au point de donner à voir une œuvre énigmatique unique. L’abstraction est principalement créée par l’usage de morceaux de l’image originale soigneusement arrangés.  Tout au long de ce procédé, l’iconographie originale est superposée aux éléments du processus numérique et aux suggestions de perturbations visuelles. Stan Narten ne fait pas une nouvelle version d’une peinture de Maître. Il s’en inspire librement, la recadre systématiquement, met en valeur certains éléments, élimine ou rassemble plus encore les éléments majeurs de l’œuvre. Il assemble les pièces d’un puzzle selon son bon vouloir. La taille des petits formats s’explique par le fait qu’il a sélectionné pour ces œuvres une petite partie de l’œuvre originale. Les petites peintures méritent pour cela un attention particulière car du fait même de leur sujet plus distancié elles en deviennent de très belles œuvres abstraites. Stan Narten reproduit scrupuleusement un élément significatif du tableau original et peut donner un plaisir aux Sherlock Homes de l’histoire de l’art. Pour autant ses peintures se suffisent à elles-mêmes, de même qu’il n’est pas nécessaire  de retourner sur les lieux où ont peint les peintres impressionnistes pour apprécier leurs peintures de paysages.

Dans la tradition des maîtres anciens, les peintures sont laborieusement construites en multitudes de couches et accumulations de glacis avec une profondeur et une lumière que seul le médium de la peinture à l’huile est capable de rendre. Stan Narten joue avec les contrastes en se servant des outils numériques actuels mais en même temps revenant à la grande technique de la peinture à l’huile posée finement couche après couche. Le choix de peintres baroques domine et cela correspond bien à la nature de sa propre œuvre, complexe, qui utilise la lumière pour sculpter ses modèles dans le clair-obscur. On remarquera l’importance des tâches blanches dans ses peintures, qui réhaussent  les couleurs, dynamisent la composition et amplifient le contraste de lumières. Cette innovation visuelle lui vient d’un défaut de vision dont il tire aujourd’hui partie comme peintre.

La nature de la foi est un concept qui le fascine et la méthode d’abstraction dans ses peintures reflète sa vision de l’Homme dans l’Univers. L’artiste joue avec la tendance innée de l’homme à lire les images d’un point de vue anthropomorphique de sorte qu’aussi abstraites que ses peintures peuvent devenir, l’être humain garde cette capacité à y retrouver une figuration. Pour Stan Narten, ce point esthétique d’entre-deux entre figuration et abstraction définit aussi le point qui relie l’ordre et le chaos, la désillusion et la foi. Dans cette zone ambiguë de perception, Narten invoque l’expérience d’inverser le familier et l’étranger, le connu et l’inconnu.

Stan Narten expose régulièrement à la Kravets Wehby Gallery à New York. La Galerie Richard l’a présenté à Paris au sein de l’exposition The Incomplete-Paris en 2010 qui regroupait 28 jeunes artistes collectionnés par Hubert Neumann.