Communiqué de presse



Galerie Richard présente la première exposition rétrospective de Takesada MATSUTANI à New York et aux Etats-Unis du 7 février au 20 avril 2013. Au même moment Matsutani fera partie de l’exposition intitulée Gutai: Splendid Playground au Solomon R. Guggenheim Museum à New York.

 

Sous le titre de Gutai Spirit Forever, l’exposition met en exergue l’engagement continu de l’artiste envers les  principes philosophiques et éthiques du groupe Gutaï. L’exposition se compose de deux parties: 1ère partie: Oeuvres de 1964 à 1976 du 7 février au 16 mars 2013 et 2ème partie: Oeuvres de 1977 à 2013 du 21 mars au 20 avril 2013.

 

 

Né à Osaka en 1937, Takesada Matsutani a étudié la peinture Nihonga, une  peinture de tradition japonaise. Il s’en est détaché au fur et à mesure qu’il devenait abstrait. Il commença à expérimenter la colle à bois qui lui a permis d’introduire la troisième dimension physique à ses peintures. Son oeuvre découle de l’usage de deux matériaux: la colle à bois et la mine de plomb. En 1960 Matsutani a participé à sa première exposition avec le groupe Gutaï à la Pinacotheca Gutai. Il en deviendra membre et y exposera très régulièrement jusqu’à la dissolution du groupe en 1972. Il reçut une bourse pour étudier en France et y est établi depuis 1966. Du fait de sa productivité, sa visibilité relative internationale et de sa longivité, Matsutani est plus largement représenté sur le marché de l’art aujourd’hui que la plupart des autres artistes Gutaï. L’art Gutaï est très soutenu par les musées et les collectionneurs privés au Japon. La plupart des artistes Gutaï sont décédés aujourd’hui et Matsutani continue de témoigner de son attachement aux valeurs conceptuelles et esthétiques de ce mouvement.

 

L’Association d’Art Gutaï a été fondée en été 1954 par Jiro Yoshihara et dix sept autres jeunes artistes de la region d’Osaka. Le manifeste d’art gutaï déclarait: “Gutaï ne change pas le matériau, il lui donne vie”.

  

Matsutani a souvent conté comment il lui fallait, pour être admis dans le cercle de Gutaï, répondre à l’injonction de Jiro Yoshihara n’ayant pas d’autre exigence que celle de constater la nouveauté absolue de ce qui lui était présenté. Pendant plusieurs années, encouragé par Motonaga qu’il s’était dans cette perspective choisi pour mentor, Matsutani expérimenta dans l’espoir de trouver une solution technique qui corresponde à son intérêt pour les éléments en eux- mêmes et notamment les formes biomorphiques. Cette curiosité avait été attisée par un ami biologiste qui lui présentait au microscope ses travaux sur les cellules. Il fallait que le matériau se révèle enfin à lui et qu’il puisse se l’approprier: “Après une période d’expérimentation, au printemps 1962, l’idée m’est venue d’utiliser la colle à bois vinylique qu’on pouvait se procurer n’importe où (...) Après avoir versé cette colle sur ma toile qui était posée à plat, j’ai obtenu une sorte de crêpe en forme de cercle et, immédiatement, j’ai retourné la toile pour que la colle se mette à couler. La colle est tombée goutte à goutte et a fini, en séchant un peu, par se solidifier en formant des stalactites qui ressemblaient à des pis de vache. Or, ce jour-là, il soufflait un vent violent qui a fait que la colle, en séchant, a aussi formé des cloques.“ Ce souffle, intervention inattendue d’une force naturelle, l’artiste devait bientôt le produire lui-même en gonflant la matière à l’aide d’une paille. Après avoir constaté l’intérêt de Saburo Murakami et de Shuji Mukai, déjà membres de Gutaï, Matsutani se risqua à présenter cette recherche à Yoshihara qui, en compagnie de Michel Tapié, en reconnut la nouveauté. L’événement ne serait qu’anecdotique s’il n’avait constitué, en effet, une révélation des possibilités que lui offrait son matériau, une surprise qui l’émerveille encore aujourd’hui.

 

                                                                                                              Germain Viatte, Paris 24 octobre 2012

 

 

En plus des peintures tri-dimensionnelles à la colle à bois la galerie présente en exclusivité six peintures abstraites à l’acrylique faites à Paris durant la période Gutaï. Ces peintures plates explicitent le sens de la composition des oeuvres de l’artiste et son goût pour les formes sensuelles courbes inspirées par les formes spontanées naturelles que développe la colle à bois. il est intéressant de constater les similitudes entre Propagation S-4-C-P (1969), Propagation Yellow (1971), peintures sans relief, et les peintures en relief à la colle à bois Propagation (1968) et Propagation 70 (1970).

 

En 1977 il élimine la couleur et s’approprie un autre matériau: la mine de plomb. Il en révèle depuis sa luminosité sensuelle dans ses peintures comme dans ses oeuvres sur papier. La deuxième partie de l’exposition est consacrée aux oeuvres à la mine de plomb et au développement d’une série d’oeuvres intitulées Waves, une forme iconique douce en relief à la colle à bois souvent recouverte de graphite. 

 

 

Matsutani fera une performance à la galerie durant la soirée de vernissage le 7 février à 18h15. La galerie présentera  un film documentaire consacré à Matsutani réalisé par Emiko Okumura le 12 février à 18h15. Matsutani  y dédicacera le nouveau catalogue d’exposition comprenant un essai de Germain Viatte, ancien Directeur et Président du Musée national d’art moderne, Centre Georges Pompidou.