Communiqué de presse



Galerie Richard présente On the Roof in Paris, exposition personnelle de Bram Bogart du 21 avril au 1er juin 2013. Le titre de l’exposition Sur les toits de Paris fait référence à une photographie de Harry Shunk et Janos Kender qui représente Bram Bogart et Léni laissant sécher les peintures sur les toits de l’immeuble de leur atelier rue Santeuil à Paris en 1959.

 

Après la guerre, Bogart a commencé à voyager en commençant par la côte d’Azur et Paris. Les années 50 ont été ses années parisiennes et l’exposition met l’accent sur cette période avec des œuvres rares. L’exposition des années 50 est complétée avec des œuvres de petit et moyen format des années ultérieures afin de retracer le parcours artistique de l’artiste. Toutes les peintures viennent directement de l‘atelier de l’artiste décédé en mai 2012 à Saint-Trond en Belgique.

 

Bien que désargenté Bogart possédait un optimisme libérateur qu’il a exprimé dans ses peintures entre 1953 et 1959. Il évolue en accordant une plus grande importance au geste, se détachant ainsi de la figuration, et en ajoutant de plus en plus de matière et de poids sur la toile dans une facture plus agressive. Sa peinture à la fin des années 50 prend la texture épaisse d’un mur à la fois support et sujet. Bram Bogart après son installation à Bruxelles en 1960 a su modifier sa technique pour trouver une voie unique lui permettant de donner une ampleur inégalée à la matière et au dialogue qu’elle entretient avec la couleur et la composition. Il élargira sa palette de couleurs aux couleurs vives (peinture Geel jaune vif) et aux couleurs pastels (peinture Rose Fané, un rose pâle sur fond rose vif).

 

Bram Bogart n’a jamais eu le loisir de comparer ses peintures anciennes avec ses œuvres nouvelles. Il ne voulait exposer que des œuvres nouvelles. L’accrochage  de cette exposition favorise ces rapprochements. Ainsi Bruin de 2004, monochrome brun  vertical avec des ajouts de noir  est positionné à côté du tableau intitulé L’église de 1954, comprenant une masse brune en aplat toute en longueur ainsi qu’une matière noire mate dans la partie supérieure. Ces deux peintures sont en harmonie chromatique, mais le premier renferme en son centre un aplat mural, alors que dans le second la peinture blanche et ocre semble déverser ses entrailles. Le tableau intitulé Perdu de 1958 est accordé avec la petite œuvre intitulée Okerblauw de 1990 qui pourrait remplir l’espace ocre et plat dans la partie supérieure de Perdu, comme si cette absence suggérait un manque qu’il a su réaliser. La troisième salle met en valeur de grandes gouaches impressionnantes par leur masse colorée centrée.

 

Bram Bogart aura apporté la tridimensionnalité physique à la peinture. Il aura donné à voir la masse picturale en soi, la peinture-matière et la peinture-représentation ne faisant qu’un. La peinture s’autonomise en s’affranchissant du châssis-toile. Il n’a cessé d’expérimenter en peintre les rapports entre matière, couleurs et composition. Le retour de la matière en peinture chez les jeunes peintres new yorkais, californiens ou berlinois et français rend Bram Bogart plus contemporain que jamais.

 

Galerie Richard à Paris a organisé en 2011 la première exposition personnelle rétrospective de Bram Bogart en France du vivant de l’artiste. Le Cobra Museum à Amstelveen a organisé une grande exposition hommage à l’artiste intitulée Bram Bogart : Mastering Matter en 2012-2013. Galerie Richard à New York a réuni en 2012 Bram Bogart, Ron Gorchov, Takesada Matsutani, trois peintres qui dans les années 60 ont ajouté et expérimenté avec constance la tridimensionalité physique en peinture, respectivement en Europe, aux Etats-Unis et au Japon.