Communiqué de presse



Galerie Richard présente la deuxième exposition personnelle de l’artiste espagnol Dionisio González intitulée Halong Series du 5 septembre au 12 octobre 2013.  L’artiste endorse les rôles de photographe et d’architecte en urbanisant numériquement les espaces marins libres entourant les îles vietnamiennes de la baie d’Halong. Il fonde une cité marine  composée de maisons flottantes traditionnelles et d’architectures modernistes.

 

La série traite des transformations possibles du paysage vietnamien par le tourisme de masse. La baie d’Halong est devenue une destination touristique majeure depuis que le site a été classé comme héritage mondial par l’Unesco et depuis le gouvernement vitenamien souhaite détruire toutes ces habitations flottantes  pour permettre aux touristes de jouir mieux du paysage. González a décidé de supporter la cause de ces 3000 habitants qui vivent sur l’eau en accroissant la ville avec de nouvelles maisons virtuelles. Les nouvelles constructions modernistes s’integrent au paysage par leur forme et  leurs couleurs. González souhaite que les habitants puissant continuer posséder une habitation reflétant leur personnalité, jouir de leur propre paysage et déménager facilement librement Cette particularité alliée à la diversité des architectures défient les idées courantes du développement urbain. Ces oeuvres procurent un émerveillement par leur processus de découverte.

 

Michel Foucault considerait  un bateau comme l’exemple parfait d’Hétérotopie. Se définissant comme la localisation physique de l’Utopie, une Hétérotopie est un espace concret habité par l’imaginaire. Dionisio González, comme Le Corbusier avec ses dessins de projets non réalisés, propose une visualisation de ce concept. La réponse particulière à la surpopulation en proposant une cité marine diversifiée socialement avec de beaux paysages partagés par tout le monde relève d’une perspective utopique. Chaque maison est un paradis privé avec la capacité de se mouvoir librement au sein de la société comme d’en sortir. On peut considérer les habitants de ces taudis ainsi que ceux de ces architectures modernistes étrangères comme un seul groupe de population qui se place en dehors de la société. A la différence de l’Utopie, une Hétérotopie n’est pas figée. Le désir d’évoluer et de rester à jour des avancées technologiques demeure et est mis en évidence dans la construction des habitations récentes. Les formes organiques des constructions manifestent par interpolation les aspirations des résidents pour le changement et pour une croissance continuelle. Dans ces images la juxtaposition des deux architectures suggère une rupture temporelle. Ainsi qu’une Hétérotopie, cette structure urbaine peut s’ouvrir et s’étendre ou s’isoler et se refermer sur elle-même. Les Hétérotopies remplissent une function en relation avec les autres espaces de la société en tant qu’espaces d’illusion ou de perfection. González a respectueusement conçu et intégré des strategies alternatives de survie aux conditions de vies modestes amphibies. Les solutions qu’il nous fait visionner au travers de créations numériques virtuelles exposent un mode anarchiste potentiel qui est à la fois imposant et incitatif.

 

Dionisio González (né à Gijón en 1965) enseigne à L’Ecole des Beaux-Arts de l’Université de Seville. Ses oeuvres sont dans les collections du Centre National d'Art et de Culture Georges-Pompidou à Paris, l’ ING Art Collection à Amsterdam, The Margulies Collection à Miami. Ses oeuvres ont été exposées dans de multiples institututions dans tous les pays dont le Museum of Contemporary Photography à Chicago, le Museo Nacional Centro de Arte Reina Sofía de Madrid (MNCARS), le Museu de Arte de São Paulo,  le Toronto Museum of Contemporary Canadian Art. Il a reçu de nombreux prix dont le Premio Pilar Juncosa & Sotheby’s de la  Fundació Pilar y Joan Miró et l’ European Photography Arendt Award en 2013.