Galerie Richard

Joseph NECHVATAL - Le Bateau ivre

Communiqué de presse

Le Bateau ivre est une exposition des récentes peintures sur velours de Joseph NECHVATAL, réalisées à l’aide d’une intelligence artificielle. Le logiciel basé sur un virus IA utilisé pour la création de ces peintures a été développé pour la première fois en 2001 par Nechvatal, avec l’aide du programmeur C++ Stéphane Sikora.

Ces peintures assistées par ordinateur et robotique expriment l’ambivalence de NECHVATAL à l’égard des récits cataclysmiques qui circulent actuellement au sujet de l’intelligence artificielle générale (AGI) (une technologie susceptible d’entraîner de profondes perturbations économiques et écologiques), telle qu’elle est interprétée dans le poème Le Bateau ivre d’Arthur Rimbaud, publié en 1871.

Dans le poème, un bateau sans équipage raconte sa propre existence alors qu’il dérive en mer après la mort de son équipage. Ces hommes sont suggérés par les formes humaines déchiquetées au bas des peintures en diptyque. Leur dégénérescence permet au bateau disparu d’être libre et de ne plus tenir compte des exigences que lui impose la société humaine. Le bateau « ivre » et sans but n’est plus lié par les contraintes des humains qui le guidaient autrefois.

Cette image poétique a frappé NECHVATAL comme une métaphore appropriée de l’intelligence artificielle générale qui pourrait dépasser l’intelligence humaine et agir d’une manière qui ne correspond pas aux valeurs humaines, conduisant ainsi à des résultats négatifs irréversibles.

La série de peintures Bateau ivre marque un retour à une période cruciale dans la pratique artistique de l’artiste à la fin des années 1970, lorsqu’il a adopté une esthétique minimaliste qu’il revisite aujourd’hui, mais qu’il enrichit de la complexité de la vie artificielle (une subdivision de l’intelligence artificielle). L’esthétique minimaliste utilisée dans cette série de peintures sur velours assistées par l’IA a été choisie par NECHVATAL pour flotter au-dessus de la mer d’images « slop » de l’IA, qui noient aujourd’hui les yeux du monde avec l’intégration rapide de grands modèles linguistiques : un thème que Nechvatal explore dans sa nouvelle de 2025 Venus Voluptuous in the Loins of The Last God.

Ces peintures n’illustrent toutefois pas la théorie de l’intelligence artificielle générale ni le poème de Rimbaud. Aucune boîte noire ni aucun bateau n’y sont représentés. Le bateau ivre exprime plutôt la déclaration de l’artiste en faveur d’une liberté artistique qui loue le risque artistique individuel, l’indépendance et la liberté.

X

Ce site utilise des cookies pour améliorer l'expérience de navigation et pour récupérer des statistiques de fréquentation. En poursuivant sur notre site web, vous acceptez notre politique de confidentialité